Covenant : quand les combos prennent le dessus sur les nains

Reconquérir une montagne naine, creuser des galeries, affronter des monstres et rebâtir une cité ancestrale : sur le papier, Covenant avait tout pour me séduire. J’aime quand un jeu expert parvient à faire coïncider ses mécaniques avec l’univers qu’il propose. Sauf qu’ici, après avoir pris place à la table, je me suis retrouvé à faire avancer des pistes, récupérer des tuiles et déclencher des améliorations en cascade. Le genre de séquence qui fait plaisir au cerveau, mais qui finit par me faire oublier ce que mes nains sont censés accomplir.

Car oui, Covenant m’accroche par ses possibilités tactiques et sa recherche de combos. Mais plus les enchaînements se multiplient, plus le thème semble s’effacer derrière la mécanique. Une drôle de contradiction pour un jeu qui m’avait d’abord attiré par son univers.

ℹ️ Cet article est un avis 100% honnête, non rémunéré, rédigé à partir d’un jeu offert par l'éditeur. Pour soutenir notre travail, quelques liens sont affiliés.
Vue générale du plateau de Covenant pendant une partie.

Douze actions pour construire une machine à combos

Dans Covenant, chaque joueur dirige un clan de nains chargé de reconquérir la montagne sacrée et de restaurer sa grandeur passée au peuple des Nains. Le jeu se déroule en trois ères, au cours desquelles chaque clan dispose de quatre tours. Autrement dit, les actions principales sont comptées : il faut choisir avec soin comment employer ses nains.

Chacun d’eux est affecté à un outil qui détermine l’action réalisée. On peut notamment creuser pour explorer la montagne et récupérer des ressources, combattre les créatures qui occupent les lieux ou construire des bâtiments, etc. La force du nain influe sur l’efficacité de l’action, tandis que les outils peuvent être améliorés pour enrichir leurs effets.

Sur le papier, la proposition est assez limpide. Dans les faits, les possibilités se multiplient rapidement. Une action peut permettre de progresser sur une piste, débloquer une récompense, obtenir une tuile ou déclencher un effet supplémentaire. Cette récompense peut elle-même ouvrir de nouvelles possibilités, et ainsi de suite.

Plateau individuel et ressources d’un joueur dans Covenant.

C’est là que Covenant devient particulièrement intéressant. Le plaisir vient moins de l’action isolée que de ce qu’elle permet de préparer. On cherche à exploiter au mieux ses possibilités, à faire correspondre les différents effets et à tirer le maximum de chaque tour. Avec si peu d’actions principales, chaque décision compte et les opportunités méritent d’être examinées sous plusieurs angles.

Une optimisation qui finit par prendre toute la place

C’est précisément cette richesse qui me plaît. J’apprécie la recherche de combos et les choix tactiques qu’elle impose. Il y a de quoi réfléchir, anticiper et chercher comment tirer parti des possibilités offertes par son clan.

Pour donner une idée de la sensation, je trouve que Covenant tend par certains aspects vers les jeux de Lacerda : un nombre d’actions limité, mais une multitude d’effets à articuler pour en tirer le meilleur parti. Il ne s’agit pas de dire que les deux approches sont identiques, mais plutôt de décrire cette impression de devoir faire beaucoup avec peu.

Le problème, c’est qu’à force de chercher le meilleur enchaînement, j’ai parfois l’impression de faire des actions pour faire des actions. Je ne réfléchis plus tellement à ce que mon clan est censé accomplir dans la montagne. Je cherche plutôt à faire avancer telle piste pour obtenir telle tuile, qui me donnera telle amélioration, qui me permettra ensuite de déclencher un autre effet.

Plateau de Covenant avec ses tuiles, ses ressources et ses éléments de jeu.

La logique de l’optimisation prend alors le pas sur celle de l’action. Je sais pourquoi je réalise une opération du point de vue mécanique, mais j’ai davantage de mal à la rattacher à ce que je suis censé vivre dans cet univers. Et c’est dommage, car mon intérêt initial pour Covenant venait justement de son thème.

Des nains, des monstres… et des pistes à faire avancer

Tout n’est pourtant pas déconnecté de l’univers. Creuser pour agrandir l’espace accessible et récupérer des ressources, combattre pour capturer des monstres ou construire pour restaurer la cité : ces actions ont du sens dans le contexte proposé. On comprend ce que l’on fait et pourquoi on le fait.

Pions et bâtiments en bois sur le plateau du jeu Covenant.

Mais les différentes pistes de progression viennent régulièrement s’interposer entre cette intention et le déroulement réel du tour. À mesure que les récompenses et les effets secondaires s’accumulent, la montagne peut finir par ressembler davantage à un ensemble de possibilités d’optimisation qu’à un lieu que l’on cherche réellement à reconquérir.

Je ne dirais donc pas que Covenant est dépourvu de thème. Il possède un univers identifiable et des actions qui lui correspondent. C’est plutôt la manière dont les systèmes s’articulent qui me fait décrocher : le thème est présent, mais il ne suffit pas toujours à donner une cohérence intuitive à toutes les décisions.

Heureusement, il reste les bières pour renforcer les nains ! On est sauvés !

Cette petite touche est d’ailleurs assez représentative de ce que j’attends d’un jeu thématique : des éléments qui ne se contentent pas d’être cohérents sur le papier, mais qui participent aussi à l’identité de l’expérience. J’aurais simplement aimé retrouver plus souvent cette sensation au fil des tours.

Jetons illustrés de Covenant photographiés à côté d’un élément du jeu.

Un jeu expert qui reste à découvrir

Malgré cette réserve, j’ai envie de rejouer à Covenant. La recherche de combos et la densité des choix tactiques constituent un vrai moteur d’intérêt. Le jeu a suffisamment de matière pour attirer les amateurs de systèmes exigeants, ceux qui aiment explorer les interactions entre les mécanismes et chercher comment optimiser leurs actions.

En revanche, je serais plus prudent avec les joueurs qui recherchent avant tout une expérience fortement immersive. Si, comme moi, l’univers constitue le premier argument qui vous attire vers un jeu, il faut garder à l’esprit que Covenant risque de vous ramener assez vite à ses pistes, ses récompenses et ses enchaînements.

Cette première découverte ne me permet pas de tirer un bilan définitif de toutes ses possibilités, et ce n’est pas le but. Elle me laisse surtout avec une envie un peu paradoxale : retourner dans cette montagne pour voir jusqu’où ses mécaniques peuvent m’emmener, tout en espérant retrouver davantage le plaisir de la reconquérir.

Car au fond, j’aime ce que Covenant me demande de faire. Je suis simplement moins convaincu par la place que son thème conserve une fois la machine à combos lancée.

Fiche technique du jeu Covenant

Acheter le jeu Covenant chez notre partenaire Ludum

💡 Auteur : Germán P. Millán
🎨 Illustrateur : Enrique Fernández Peláez
👥 Nombre de joueurs : De 1 à 4 joueurs
⏳ Durée : 100 minutes environ
🎂 Age : À partir de 14 ans
💶 Prix : 65 €
📅 Sortie : Disponible
🏭 Éditeur : Devir
🇫🇷 Localisation : Iello
🚚 Distributeur : Iello
👉 Acheter le jeu Covenant chez notre partenaire Ludum

Arnaud Le Ludopathe

Amateur d'eurogames, de jeux de placements d’ouvriers, de jeux de programmation ou encore de jeux narratifs, j'aime partager mes découvertes avec tout mon entourage. Véritable virus ludique, j’ai contaminé toute ma famille, mes amis et mes collègues de boulot !

Laisser un commentaire