Vichy 2026 : les découvertes d’un salon toujours aussi propice au jeu

Vichy 2026 vient une nouvelle fois de confirmer ce qui fait le charme de son Salon Pro : ici, on a le temps de jouer. Comparé à Cannes, l’ambiance est nettement plus calme et laisse davantage de place aux discussions, aux rencontres et aux découvertes autour des tables.

Cette année, j’étais le seul membre de l’équipe du Ludopathe sur place, accompagné de mon co-auteur pour présenter notre jeu. Mais entre deux présentations, nous avons évidemment profité du salon pour aller voir ce que les éditeurs avaient dans leurs cartons. Et il y avait de quoi faire.

Les jeux qui m’ont vraiment accroché

Parmi les découvertes de cette édition, Les Yeux Fermés, édité par Blue Cocker Games et créé par Antonin Boccara et Julien Prothière, avec des illustrations de Thomas Vuarchex, est probablement celui qui m’a le plus marqué. Le principe suffit à donner envie de s’asseoir à table : il faut coopérer pour déplacer des pierres colorées… les yeux fermés, puis tenter de les placer harmonieusement en fonction des contraintes du chapitre. C’est à la fois tactile, coopératif et suffisamment inhabituel pour produire une vraie sensation de découverte. Et après l’avoir joué, je peux le dire simplement : j’ai trouvé ça génial.

Les Yeux Fermés : difficile de faire plus parlant que de montrer les pierres en pleine partie.

Autre découverte qui ressort nettement : Rocket Rollout, chez Days of Wonder, signé Mark Elsdon et Søren Brandborg. On y pilote une fusée dans une course où il faut à la fois améliorer son engin et construire progressivement son sac de dés. On jongle entre les ressources, les équipements et les effets des dés pour faire avancer sa fusée, avec cette petite tension supplémentaire créée par les problèmes qui apparaissent pendant la course. J’ai particulièrement apprécié la partie, et c’est l’autre jeu que je retiens vraiment de Vichy.

Rocket Rollout en cours de partie, avec les vaisseaux et cartes de course sur la table
Rocket Rollout : une course spatiale où chaque amélioration peut faire la différence.

Chez le Crapaud Céleste, Mechanimals nous a embarqués dans une course assez différente. Ici, chacun incarne un animal robotique et doit atteindre la dernière balise en jouant avec les terrains, l’équipement et les attaques des adversaires. Nous avons beaucoup apprécié notre course, notamment ce côté où l’on cherche à optimiser son Méchanimal tout en essayant de ne pas se faire distancer.

Mechanimals en cours de partie, avec les animaux et le parcours hexagonal installés sur la table
Mechanimals : une course d’animaux mécaniques qui nous a beaucoup plu à Vichy.

Et puis il y avait Bastos, encore à l’état de prototype chez Geek Attitude Games. Pas besoin d’en faire davantage qu’un prototype de salon : la partie nous a surtout laissé une sensation très simple, celle d’un jeu très fun à jouer. C’est exactement le genre de découverte rapide qui fonctionne bien dans le contexte de Vichy.

Prototype de Bastos présenté par Geek Attitude Games au Salon Pro de Vichy 2026
Bastos, encore à l’état de prototype, nous a offert une partie particulièrement fun à Vichy.

Ceux qui ont éveillé la curiosité

Tout n’a pas été joué, loin de là. Mais certaines présentations suffisent à donner envie de garder un jeu dans un coin de sa tête.

Greylune, jeu de société édité par Sorry We Are French

Greylune, édité par Sorry We Are French, est notamment intéressant par son évolution de Spyrium. William Attia reprend le principe du placement et du retrait des ouvriers pour construire un jeu de stratégie dans un univers médiéval-fantastique, avec un système de saisons et surtout une question permanente de timing : faut-il attendre, profiter d’une opportunité ou récupérer ses personnages pour déclencher ses actions ?

Boîte du jeu de société Fragments : Solara

Chez IELLO, la gamme Fragments m’a également intrigué. Solara et Fungataï utilisent un matériel assez inhabituel : des pièces de puzzle que l’on observe, assemble et retourne pour faire progresser l’aventure. Dans Solara, cette mécanique accompagne une aventure indépendante d’environ 90 minutes ; Fungataï pousse le principe beaucoup plus loin avec une campagne en quatre chapitres, dans laquelle la forêt se construit progressivement sur la table.

Boîte du jeu de société Longue Vie au Roi

Longue Vie au Roi, de Jordy Quetard, m’a également retenu par son idée de transformer sa main de cartes en véritable armée. Les cartes servent à la fois à défendre son roi et à attaquer celui des adversaires par la gauche ou par la droite, avec des pouvoirs qui viennent modifier les possibilités. Le jeu mélange ainsi rôles cachés, déduction et choix tactiques dans un format annoncé assez court.

Boîte du jeu de société Mélodies

Mélodies a eu un petit effet assez intéressant : je n’étais pas spécialement convaincu avant la présentation, mais celle-ci a changé mon regard sur le jeu et m’a donné envie d’aller y voir de plus près. Je n’y ai pas joué, donc je vais m’arrêter là plutôt que de lui inventer une qualité que je n’ai pas encore pu vérifier autour d’une table.

Et puis il y a Pixels, chez POTAM games, qui m’a particulièrement intrigué. Le principe repose sur une coopération simultanée : une équipe observe des photos en noir et blanc tandis que l’autre doit retrouver les mosaïques de couleurs correspondantes. Avec 80 photos, plusieurs niveaux de difficulté et des parties d’environ quinze minutes, l’idée paraît particulièrement adaptée à un jeu où la communication doit être efficace. Je n’y ai pas joué à Vichy, mais c’est clairement un titre que je vais suivre d’ici sa sorties pour Cannes 2027 (où une démo gratuite sera probablement distribuée).

Boîte du jeu de société Pixels et quelques cartes de jeu
Pixels, une découverte qui m’a particulièrement intrigué et que je vais suivre jusqu’à sa sortie.

Ce que je retiens de Vichy

Bien sûr, cette liste est loin de représenter tout ce que j’ai vu. Entre IELLO, Blackrock Games, Labs4Games, Asmodee, Geek Attitude Games, Potam Games, Intrafin, Pixies Games et les autres acteurs présents, les tables ne manquaient pas de nouveautés à découvrir.

Mais finalement, c’est peut-être cela que je retiens le plus de Vichy 2026.

Le salon conserve cette ambiance calme qui permet de réellement jouer et discuter. On peut prendre le temps de découvrir une mécanique, écouter un auteur présenter son prototype, échanger avec un éditeur ou simplement retrouver des personnes croisées lors des éditions précédentes.

C’est moins spectaculaire que Cannes, mais ce n’est pas vraiment ce que l’on vient chercher ici. Vichy reste un rendez-vous où l’on peut prendre le temps de regarder ce qui arrive, de mettre quelques jeux sur la table et de faire de belles rencontres.

Et cette édition 2026 s’inscrit parfaitement dans cette continuité.

Arnaud Le Ludopathe

Amateur d'eurogames, de jeux de placements d’ouvriers, de jeux de programmation ou encore de jeux narratifs, j'aime partager mes découvertes avec tout mon entourage. Véritable virus ludique, j’ai contaminé toute ma famille, mes amis et mes collègues de boulot !