Certains jeux qui arrivent sur une table un peu par hasard. Et il y en a d’autres qu’on attend. Labyrinth Chronicles fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Je ne suis pas particulièrement l’actualité des jeux en financement participatif, mais je garde toujours un œil sur les projets d’Awaken Realms, un éditeur dont j’apprécie particulièrement les productions. C’est comme ça que j’ai découvert Labyrinth Chronicles bien avant son financement, auquel j’ai finalement participé. Puis le jeu a recroisé notre route au dernier Festival International des Jeux de Cannes. Autant dire que lorsque nous avons enfin pu l’installer à la maison, la boîte avait déjà une petite histoire avec nous.
Et ce n’est pas n’importe quelle boîte qui allait arriver sur notre table. Avec ma femme, nous avons joué au Labyrinthe il y a plus de trente ans. Ces dernières années, nos deux garçons ont eux aussi régulièrement joué au jeu avec leur grand-mère. Alors forcément, retrouver ce vieux compagnon d’enfance, mais cette fois sous la forme d’une grosse production coopérative avec campagne, avait quelque chose de particulièrement séduisant.
ℹ️ Cet article est un avis 100% honnête, non rémunéré, rédigé à partir d’un jeu acheté. Pour soutenir notre travail, quelques liens sont affiliés.

Le Labyrinthe a bien changé
Le principe de base est évidemment toujours là : le labyrinthe bouge et il faut parvenir à se frayer un chemin. Mais si mes souvenirs du jeu original sont ceux de parties joyeusement chaotiques où chacun cherchait son chemin tout en essayant de mettre des bâtons dans les roues des autres, Labyrinth Chronicles prend une direction radicalement différente.
Ici, nous jouons tous ensemble. Et cette coopération fonctionne plutôt bien autour de notre table. Nous discutons réellement des déplacements, cherchons les meilleures solutions et essayons de construire nos actions collectivement. Il faut simplement garder en tête le risque classique des jeux coopératifs : le joueur alpha. Comme chacun dispose d’une grande liberté d’action, il serait assez facile qu’un joueur prenne le contrôle de la partie et décide pour les autres. Chez nous, ce n’est pour l’instant pas un problème, mais la mécanique laisse clairement cette possibilité.

Pour le reste, la prise en main est étonnamment simple. Mes fils de 10 et 12 ans ont compris très rapidement, ce qui n’est pas vraiment surprenant puisqu’ils ont l’habitude des jeux modernes. Mais même sans cette expérience, je trouve que le jeu reste très accessible à un public familial, autour de l’âge de 8 ans.
Les premières parties donnent envie d’ouvrir les boîtes
Notre première rencontre avec le jeu n’a pourtant rien d’extraordinaire sur le plan mécanique. Les trois premières parties servent surtout à découvrir l’univers, le matériel et les règles. On apprend progressivement comment fonctionne ce nouveau Labyrinthe et on prend plaisir à manipuler tout ce joli monde.
Et ça suffit largement pour passer un bon moment. Nous nous sommes amusés dès les premières parties, même si nous avions évidemment conscience qu’une partie du contenu restait encore cachée.

Car Labyrinth Chronicles repose beaucoup sur cette curiosité. La campagne est construite autour de onze boîtes qui vont progressivement apporter du nouveau contenu au jeu. Et après trois parties, nous avons enfin eu le droit d’ouvrir la première.
C’est là que quelque chose change autour de la table.
On comprend que le jeu ne va pas simplement nous faire refaire le même Labyrinthe pendant toute la campagne. De nouvelles contraintes apparaissent, de nouveaux objectifs, quelques petits choix… Rien de révolutionnaire pour un joueur habitué aux jeux modernes, mais suffisamment pour nous faire comprendre que le jeu va évoluer au fil de nos parties.
Et surtout, suffisamment pour exciter les enfants.
La récompense ultime : ouvrir une boîte
Je crois que c’est le moment qui résume le mieux notre expérience jusqu’ici. À l’ouverture de la première boîte, mes deux garçons étaient debout, mains qui bougent dans tous les sens, avec un grand sourire. Ils attendaient véritablement ce moment et l’ont vécu comme une récompense après les premières parties.
Il a évidemment fallu négocier pour savoir lequel allait lire le contenu de cette boîte et lequel aurait le privilège de lire la suivante. Puis est venue la petite déception : non, nous n’allions pas pouvoir ouvrir toutes les boîtes immédiatement. Il allait falloir continuer à jouer pour découvrir la suite.
Et là, le jeu avait gagné.

Du côté des adultes, cette première ouverture nous a aussi permis de mieux comprendre à qui s’adresse réellement le jeu. Nous avons rapidement eu le sentiment que la cible était clairement celle des enfants autour de 8 à 12 ans. Les évolutions apportées par la campagne ne bouleversent pas complètement les règles et restent suffisamment simples pour être immédiatement assimilées. En revanche, cette petite dose de nouveauté et surtout l’envie de découvrir ce qui se cache dans la prochaine boîte fonctionnent parfaitement auprès des enfants.
Les garçons sont d’ailleurs clairement les plus enthousiastes à l’idée de continuer la campagne. Mais nous ne sommes pas exactement en train de les freiner non plus.
Du pur Awaken Realms
Et puis il y a le matériel.
C’est du Awaken Realms. Donc c’est fou.
La boîte est énorme, le matériel est abondant, les figurines sont magnifiques et l’ensemble est particulièrement agréable à manipuler. Le plateau en trois dimensions donne immédiatement une autre présence au Labyrinthe et participe beaucoup au plaisir de la découverte. C’est clairement le genre de jeu que l’on a envie de sortir rien que pour regarder tout ce qu’il y a dedans.

En contrepartie, il faut prévoir la table qui va avec. Une grande table. Voire une table XXL. Entre le plateau, les différents éléments de jeu et tout ce qui accompagne la campagne, on retrouve cette petite constante des productions Awaken Realms : il vaut mieux vérifier la taille de sa table avant de commencer à jouer.
J’avoue d’ailleurs avoir été surpris par la taille de la boîte et la profusion de matériel. Pour un jeu qui vise aussi clairement le public familial et les enfants, je m’attendais peut-être à quelque chose d’un peu plus léger. Mais difficile de nier l’effet produit lorsque l’on ouvre tout ça devant les enfants.

Trente ans plus tard
Après six parties, nous avons parcouru environ un tiers de la campagne. C’est encore beaucoup trop tôt pour savoir comment Labyrinth Chronicles va réellement évoluer et si les nouveautés apportées par les différentes boîtes parviendront à maintenir notre intérêt jusqu’au bout. Et c’est très bien comme ça.
Pour l’instant, nous avons simplement envie de continuer.
C’est agréable, accessible, sans prise de tête, et surtout cela me permet de jouer avec mes fils à un jeu qui leur plaît autant qu’à moi. Il y a quelque chose d’assez amusant à voir cette vieille mécanique du Labyrinthe traverser plus de trente ans et revenir aujourd’hui sur notre table familiale.
À l’époque, le Labyrinthe nous permettait de nous tirer dans les pattes. Aujourd’hui, il nous oblige à nous serrer les coudes. Et finalement, après toutes ces années, je crois que ça me plaît encore davantage.
Cet article est une découverte basée sur nos premières parties. Nous n’avons volontairement pas cherché à tirer de conclusion définitive sur l’ensemble de la campagne : il faudra encore ouvrir quelques boîtes avant de savoir ce que Labyrinth Chronicles a réellement dans le ventre.
Fiche technique du jeu Labyrinth Chronicles
💡 Auteurs : Max J. Kobbert et Jan Truchanowicz
🎨 Illustrateurs : Mateusz Michalski, Jakub Dzikowski, Piotr Orleański, Pamela Łuniewska, Krzysztof Piasek, Aleksander Brodziński, Małgorzata Kozłowska, Marta Rysiecka, Aleksandra Fajlert-Kaluża
👥 Nombre de joueurs : De 2 à 4 joueurs
⏳ Durée : 30 à 60 minutes
🎂 Age : À partir de 9 ans
💶 Prix : 150 €
📅 Sortie : Disponible
🏭 Éditeur : Ravensburger / Awaken Realms
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Arnaud Le Ludopathe
Amateur d'eurogames, de jeux de placements d’ouvriers, de jeux de programmation ou encore de jeux narratifs, j'aime partager mes découvertes avec tout mon entourage. Véritable virus ludique, j’ai contaminé toute ma famille, mes amis et mes collègues de boulot !
