It’s a Wonderful Kingdom, mon avis après une 1ère partie

|

It’s a Wonderful Kingdom n’est ni la suite, ni une extension de It’s a Wonderful World. Cependant, ces deux jeux ne pourront pas cacher leur lien de parenté bien longtemps : tous deux partagent ce moteur de production de ressources séquentiel et le recyclage des cartes que nous a fait découvrir It’s a Wonderdul World. Pour le reste, c’est bien un tout nouveau jeu pour deux joueurs (avec un mode solo) qui sera lancé sur Kickstarter du 20 avril au 6 mai chez La Boîte de Jeu. J’ai eu la chance de jouer une partie de démo et je vous livre ici mon premier ressenti sur son gameplay.

Une partie sur Tabletop Simulator

La boîte du jeu, sur TTS

J’ai donc pu faire une partie de It’s a Wonderful Kingdom sur Tabletop Simulator (ou TTS pour les intimes). Ce logiciel de simulation de jeux de société en ligne permet aux créateurs de tester leurs prototypes sans avoir à imprimer et réimprimer des cartes à chaque petit ajustement. Les joueurs, eux, ont accès à des jeux variés pour continuer à pratiquer leur loisir même en cette période de confinement. Cependant, certains jeux sont portés sur cette plateforme par des fans, sans l’accord des ayants droit… Ce qui est, je trouve, très dommageable… Mais ce n’est pas le sujet de cet article.

La manipulation du jeu se faisant au clavier et à la souris, autant vous le dire toute suite, je trouve l’expérience très différente d’un vrai jeu : les manipulations sont alourdies, les durées des parties sont allongées, et la visibilité n’est pas toujours au rendez-vous. J’ai tout de même essayé de mettre cet apriori de côté pour me concentrer sur le jeu et son gameplay.

Un article après une seule partie ?

J’ai l’habitude d’écrire mes articles après de nombreuses parties afin de laisser de côté le ressenti des premières fois, et surtout, de vous livrer un avis le plus éclairé et le plus complet possible. Cet article est clairement une exception à cette règle que je me suis fixé, mais je crois que le jeu en vaut la chandelle. Je ne m’attarderai pas sur son fonctionnement en détail pour le moment, j’y reviendrais ultérieurement, quand j’aurais plusieurs dizaines de parties derrière moi.

Présentation express de It’s a Wonderful Kingdom

Les 4 manches, et leur « split and trap »

Les différentes zones de jeu de it's a Wonderful Kingdom

Une partie se déroule donc en 4 manches. À chaque manche, les joueurs piochent 8 cartes, et avant de pouvoir les récupérer pour alimenter leur stratégie, ils doivent les proposer 2 par 2 à l’adversaire en les déposant (séparément ou ensembles) dans une des deux zones dédiées. L’adversaire choisi alors toutes les cartes présentes dans une zone et laisse les autres sur place pour le tour suivant.

Chaque joueur dispose de deux jetons Piège, à utiliser pendant leur tour, pour proposer une carte face cachée. C’est grace à ce jeton que des coups de bluff sont possibles : tentez de refiler des cartes peu utiles (voire parfois négatives) à votre adversaire, ou au contraire faites lui croire que c’est une carte négative afin de pouvoir la garder pour vous et la récupérer au tour suivant.

Fin de manche : recyclage, production et construction

Anatomie d'une carte développement

Quand toutes les cartes sont récupérées, les joueurs passent dans la phase de planification. Les cartes sont soit mises en construction pour bénéficier de leurs effets, soit recyclées pour gagner une ressource (et peut être, justement, finir une carte en construction).

Viens alors la phase de production. Chaque type de ressource est produite par tous les joueurs en même temps, dans un ordre précis. Quand un joueur reçoit sa production, il peut la déposer sur une carte en construction pour la finir au plus vite. Car une carte construite est immédiatement active : elle peut améliorer sur le champ la prochaine ressource à produire. Combos en vue pour les as de planification !

Chaque joueur produisant plus de ressources que son adversaire a le droit d’envoyer un jeton Chevalier en formation sur une case du plateau central. Ou de récupérer un Chevalier formé dans on armée s’il y en avait déjà un en formation. Ces jetons sont utilisés de façon différentes dans chaque module du jeu.

Comptage des points

Une situation en fin de partie

À la fin des 4 manches, chaque carte construite peut rapporter des points bruts, ou un multiplicateur en fonction du nombre de cartes que vous avez pu construire. Le joueur avec le plus de points l’emporte, tout simplement !

Un jeu modulaire

Finalement, vous ne jouerez jamais avec le jeu décrit ci-dessus. Car le véritable intérêt de It’s a Wonderful Kingdom réside dans différents modules qui seront proposés avec la boîte :

  • Le module Menace ajoute des cartes négatives dans la main des joueurs, les Monstres, que vous devrez tenter de refiler à votre adversaire tout en évitant les siens.
  • Le module Conseillers apporte des cartes à pouvoirs activables, permettant de se débarrasser d’autres cartes négatives que sont les Calamités. Refilez les Calamités à votre adversaire et tentez de conserver les Conseillers pour vous.
  • Le module Conquête n’est pas encore très détaillé par l’éditeur. Nous avons simplement qu’il apportera du contrôle de territoire.
  • Et le module Quêtes n’est lui non plus pas très détaillé. Il sera certainement le module le moins interactif du lot qui demandera aux joueurs d’accomplir des quêtes personnelles, sans quoi ils ne pourront pas prétendre à la victoire.

La promesse faite par La Boîte de Jeu est que chaque module sera suffisamment différent des autres pour nécessiter d’adapter son jeu, que leurs niveaux d’interaction entre les duellistes sera différent, et donc que tout le monde pourra se retrouver dans It’s a Wonderful Kingdom.

Le déroulement de la partie de It’s a Wonderful Kingdom

Adversaire et module joué

Les différents Monstres du module Menaces

Mon adversaire d’un soir était Thibaut, responsable de la communication de La Boîte de Jeu. Nous avons joué avec le module Menaces où les joueurs doivent se refiler des cartes négatives (les Monstres) tout en évitant celles de l’adversaire. Ce module fourni 4 types de monstres que sont les Géants de Givre, les Ombres, les Voleurs et les Rats Géants (accompagnés de leurs Vermines).

J’ai joué avec les Géants de Givre qui bloquent les bâtiments en construction du joueur qui les récupère. S’ils ne sont pas détruits avant la fin de la partie, ils font chacun perdre 5 points. Thibaut a joué avec les Ombres qui obligent leur propriétaire à recycler une carte de leur choix à chaque tour, et de donner la ressource à son adversaire. Si la carte n’est pas détruite, c’est 4 points de perdu. Dans It’s a Wonderful Kingdom, les parties moyennes tournent à 50 points environ, ces cartes peuvent donc faire vite très mal !

Une première manche à la fois calme et déconcertante

Le premier tour a été pour moi l’occasion de prendre mes marques avec le jeu. Je connais évidement le gameplay de It’s a Wonderful World et je pensais que ça serait un avantage. Ça l’est d’un certain côté car j’ai su assez facilement faire cette gymnastique de planification des cartes. Oui, mais… les cartes que j’ai récupéré n’étaient que rarement celles que j’avais en main au début de la manche. J’ai donc du composer avec les cartes que me proposait Thibaut.

Et les Menaces ? Nous avons réussi, lui et moi, à n’en prendre aucune pour cette première manche. J’ai pour ma part utilisé mes jetons Piège pour cacher des cartes que je voulais garder, et j’ai déposé mon Géant de Givre face visible sur la table au dernier tour. Bizarrement, Thibaut n’a pas souhaité le récupérer. Quant à son voleur qui était proposé face caché vers la fin de la manche, j’ai eu du nez de ne pas le prendre.

Le remplacement du draft de cartes par cette mécanique de « Je sépare, tu choisi » m’a tout de suite fait ressentir la principale différence qu’apporte It’s a Wonderful Kingdom : de bons gros coups de bluff ! Et dès le premier tour, ça change tout.

Seconde et troisième manche : vive les Monuments !

Les deux tours suivants ont été consacré à la construction de mon moteur de ressources. Je me suis concentré à récupérer des cartes pour améliorer le plus uniformément possible ma production, sans réellement y arriver. Il me manquait de l’Exploration (ressources bleues). J’ai du défausser beaucoup de cartes pour en acquérir, et repousser la construction de quelques bâtiments avec l’espoir d’en récupérer plus tard. J’ai ici commencé à comprendre que l’expérience de It’s a Wonderful World a d’autres limites : je ne connais aucune des cartes, ni leur répartition. J’ai donc beaucoup joué en réaction de ce qui m’était proposé avec le réel sentiment de découvrir un nouveau jeu.

Je n’ai pas réussi non plus à me concentrer sur le jeu de Thibaut. J’ai rapidement jeté un coup d’oeil ou deux pour voir qu’il était parti sur les cartes Découverte (les bleues qui me manquait, voilà où elles passaient !) et qu’il n’était pas intéressé par les cartes Monument (jaunes). J’ai donc accéléré ma collecte de ces cartes lors de ces deux manches.

Du côté des cartes Menaces, j’ai continué à les éviter avez un succès digne de la fameuse « chance du débutant ». Je ne suis pourtant pas un habitué des jeux de bluff, mais force est de constater que j’ai réussi à refiler mes géants à Thibaut plus facilement qu’il me refilait ses Ombres. Je m’en suis tout de même pris une, mais j’avais suffisamment de jetons Chevalier pour la vaincre tout de suite. Ouf !

Quatrième et dernière manche

Vision globale du jeu en fin de partie

Après un peu plus d’une heure de jeu, nous voilà à la quatrième et dernière manche de cette partie découverte de It’s a Wonderful Kingdom. Dans les premiers tours, j’ai calculé que j’aurais de toute façon la possibilité de me débarrasser des deux Monstres de la manche, si toutefois je les récupérais.

J’ai alors utilisé cet avantage pour tenter de faire peur à Thibaut en cachant des cartes que je voulais garder. Ça a marché ! J’ai également utilisé cette information pour prendre sciemment son Ombre qu’il me proposait dans une zone de sélection avec deux autres cartes piles dans ma stratégie. Et j’ai fini par utiliser mon Géant de Givre face visible pour protéger d’autres cartes qui m’intéressait. Thibaut qui se débâtit déjà avec deux Monstres, n’a pas souhaité prendre mon Géant que j’ai récupéré avec les cartes à mon dernier tour. Jackpot !

Il y a donc clairement une part de bluff importante dans It’s a Wonderful Kingdom. Cependant, le jeu reste très calculatoire, dans la digne lignée de son prédécesseur. Et ça c’est une super nouvelle !

Décompte des points

Le décompte des points a eu lieu après 1h30 de jeu. Rappelez-vous que nous avons joués sur Tabletop Simulator et que cette plateforme augmente grandement la durée des partie avec ses manipulations d’éléments alourdies. Je devais par exemple sortir les cubes de ressources des réceptacles pour Thibaut, le jeu refusant de les lui laisser… Je pense que cette première partie se serait déroulée en 1 heure avec un véritable jeu.

Nous nous sommes tous deux débarrassés de tous les Monstres que nous avons récupérés pour éviter les points négatifs. Cela a tout de même demandé de sacrifier une bonne partie de nos productions de ressources pour générer des Chevaliers !

J’ai fait 51 points et Thibaut 25. Victoire !

Mon ressenti sur cette première partie de It’s a Wonderful Kingdom

Le plateau central de It's a Wonderful Kingdom

C’est clairement un nouveau jeu ! Le moteur de production de ressources est identique à son grand frère (avec tout de même une ressource de moins) et le recyclage des cartes est conservé, ok. L’iconographie et la mise en forme des cartes sont très très proches, je vous le concède. Mais pour le reste… Tout change !

Il faut déjà apprendre à connaitre ces nouvelles cartes (qui sont bien moins nombreuses). Il faut ensuite apprendre à jouer avec le bluff et tenter de lire dans celui de son adversaire. Puis il faut apprendre à adapter sa stratégie au pied levé pour tirer le meilleur parti des cartes que vous récupérez face cachées. Ce sont des sensations très différentes de It’s a Wonderful World finalement !

Pour imager mon ressenti, je vais tenter une comparaison avec 7 Wonders (oui, j’ose). La version Duel de 7 Wonders reprend le système d’âges, de cartes de bâtiments et de mécanique générale, le draft est remplacé par ces pyramides de cartes et des conditions de victoires sont ajoutées. Au final, ce ne sont plus le mêmes jeux et ils apportent chacun une expérience ludiquement très réussie à des cibles de joueurs complémentaires. Et bien j’ai le sentiment que ça sera pareil entre It’s a Wonderful World et It’s a Wonderful Kingdom : ils sont de la même famille, aussi différents que complémentaires. Un peu comme deux frères.

Et surtout, nous n’avons joué qu’avec 2 types de Monstres sur les 4 que propose le module Menace. Et ce n’est qu’un module sur les 4 (ou plus) qui seront proposés dans le jeu lors de la campagne. J’ai la sensation que la rejouabilité de It’s a Wonderful Kingdom va être très bonne, et que même le fait de changer d’adversaire apportera des sensations nouvelles.

It’s a Wonderful Kingdom semble être un véritable jeu de duel calculatoire comme je les aime, et je vous confirmerai ça (ou pas) quand j’aurais eu la chance de faire d’autres parties.

Quelques infos sur la campagne KS

It’s a Wonderful Kingdom sera donc proposé en campagne de financement participatif du 20 avril au 6 mai. Nous aurons deux niveaux de pledge disponibles : la version boutique (environ 30 €) et la version Kickstarter (environ 50 €). Et la livraison dans les boutiques partenaire sera encore une fois proposée gratuitement.

Fiche technique de It’s a Wonderful Kingdom

La boîte de It's a Wonderful Kingdom
  • ✍️ Auteur : Frédéric Guérard
  • 🎨 Illustrateur : Anthony Wolff
  • 🏭 Éditeurs : La Boîte de Jeu et Origames
  • 🎭 Nombre de joueurs : 2 (avec mode solo)
  • 🎂 Age : À partir de 14 ans
  • ⏱️ Durée : 45 à 60 minutes
  • 💶 Prix boutique : environ 30 €
  • 💶 Prix Kickstarter : environ 50 €
  • 📅 Campagne Kickstarter : Du 20 avril au 6 mai

1 réflexion au sujet de « It’s a Wonderful Kingdom, mon avis après une 1ère partie »

  1. Merci pour ce retour très détaillé.
    Il me donne une vision d’ensemble du jeu et avec tes ressentis je m’imagine mieux à quoi ressemble une partie.
    Je vais devoir lui faire une place sur mes étagères…

    Répondre

Laisser un commentaire